"L'Autisme et le syndrome d'Asperger de nos jours"
 
       
 
APIPA-ASPERGER-TED ACCUEIL
 
A PROPOS DU SYNDROME D'ASPERGER
 
LE SA d'après le site ASPERWEB
 
COLLOQUE SUR LE SA EN 2001
 
COLLOQUE ADULTES ASPERGER 2003
 
COLLOQUE Autisme et SA en 2006
 
CONSEILS A TOUS LES SOIGNANTS
 
CONSEILS AUX ENSEIGNANTS
 
ORIENTATION Formations Emplois
 
BIBLIOGRAPHIE
 
LES ASSOCES jumelées avec APIPA
 
VOS TEMOIGNAGES
 
LES CONFERENCES
 
LES FORMATIONS
 
LES INFOS
 
LIENS FAVORIS
 
LIENS DU SITE Asperweb
 
Autres liens coup de coeur
 
Recherche volontaires
 


Le Samedi 25 mars 2006 à:

L'UFR de Reims

Université de Reims Champagne- Ardenne
Faculté des Lettres et Sciences Humaines

Colloque présenté par les associations:


APIPA.51 Association de Parents pour l’Intégration des Personnes Atteintes d’autisme de haut-niveau, du syndrome d’Asperger ou de troubles apparentés.
6 grande rue 51500 Puisieulx
03 26 49 13 05
apipa.51@wanadoo.fr

AUTISME MARNE

23 Avenue Général de Gaulle
51100 REIMS
03 26 86 42 30
autismemarne@wanadoo.fr

AVEC

Chantal Tréhin
Neuropsychologue formatrice TED Autisme Asperger
http://trehin-formation-autisme.org/

Martine Charlier
Formatrice à l’IRTS (coordinatrice du colloque)

Sandrine Le Sourn-Bissaoui,
Maître de Conférence en psychologie du développement.Université de Reims Champagne- Ardenne. Laboratoire ACCOLADE



PROGRAMME

 

 

Accueil :

Intervention Martine Charlier

"historique de l'autisme"


Anne Viallèle présidente de l’APIPA.51


Jean-Claude Tripet président d’Autisme Marne

 

Comprendre l'autisme et les Troubles Envahissants du Développement :

Chantal Tréhin

 

Les différentes formes de TED
Les données actuelles : définitions, dépistage et diagnostic, recherche,
spécificités cognitives etc. 
Quelques mots sur la théorie de l'Esprit

Les prises en charge : par Chantal Tréhin 

Spécificités et complémentarités des différentes approches issues des connaissances actuelles : TEACCH ABA, PECS... 


Etat des recherches sur la compréhension du langage figuré par les personnes souffrant du syndrome d'Asperger.

Sandrine Le Sourn-Bissaoui

Stéphanie Caillies

et Fabien Gierski

 

Témoignages

Témoignage de Fabien atteint du syndrome d’Asperger

 

Témoignage de Christian Charlot papa d’un adulte autiste

 

Mot final



 

 

 

 

 

Historique relatif à l’autisme

Par Martine Charlier

 

On m’a demandé de faire un bref historique de l’autisme pour poser un cadre à cette journée : je vais donc tenter d’être synthétique ce qui n’est pas forcément ma spécialité et il y a tant à dire à ce sujet à travers le temps.

Le terme d’autisme vient du grec « autos » qui veut dire « soi-même ».

Il a d’abord été utilisé en 1911 (il y a 94 ans) par Bleuler, psychiatre suisse, pour définir certaines formes de schizophrénie caractérisées par l’évasion de la réalité avec en même temps une prédominance relative ou absolue de la vie intérieure.

En 1943, Léo Kanner, psychiatre américain d’origine autrichienne, reprend le terme pour définir non plus un aspect symptomatique mais une nouvelle catégorie de troubles touchant très précocement les enfants. Il en donnera une description princeps.

L’année suivante en 1944, un psychiatre autrichien, Hans Asperger, publie sa thèse, thèse qu’il avait présentée pour devenir professeur. Il définit à l’époque ce qu’on appelle, en lien, avec son nom : le syndrome d’Asperger. Ces travaux sont restés méconnus durant trois décennies. Pourtant sa description de 4 cas, lui avait permis de dégager une sémiologie très fine des troubles autistiques chez des enfants sans retard intellectuel, ni retard de langage.

On pense qu’il est dommage qu’à cause de la guerre, ces deux médecins (Kanner et Asperger) ne soient pas rencontrés car on peut imaginer que la recherche aurait pris un autre tournant. La postérité quelque peu injuste a retenu seulement le nom de Kanner pour la description initiale de l’autisme.

Ceci dit, si on remonte l’histoire avant Kanner, des cliniciens et des pédagogues du 19ème siècle avaient présenté des descriptions cliniques dont les manifestations s’apparentaient aux troubles autistiques. Néanmoins, le groupe des autistes n’était pas séparé des « idiots et des incurables » comme l’on disait à l’époque et aucune espèce de prise en charge ne leur était proposée.

L’histoire montre que c’est surtout à Jean-Marc Gaspard Itard, jeune médecin militaire, que l’on doit le fait d’avoir ouvert la voie en 1800. Ses travaux relatifs à un enfant sauvage recueilli par des paysans dans les bois de l’Aveyron, qu’il a nommé Victor, et dont s’est inspiré François Truffaut pour son film, introduit ce que l’on pourrait appeler une orthopédie mentale, sorte de pédagogie intensive et autoritaire. Elle se montrera vaine pour Victor mais le chemin est ouvert.

Puis on peut évoquer Edouard Seguin qui a initié une approche psycho-éducative pour des enfants ayant des troubles du comportement et dont nombre d’auteurs nord-américains actuels s’inspirent encore. Mélanie Klein a également mis en évidence une atteinte chez les enfants autistes de leur capacité symbolique.

Je pourrais ainsi continuer à citer nombre de travaux pionniers éclairants la question de l’autisme mais cela deviendrait fastidieux et n’est pas le propos ici. Il faut savoir surtout que l’intérêt des milieux médicaux et scientifiques pour l’autisme a connu un fort développement au cours des années 70. Théo Peters dit qu’il y a peut-être plus de publications au sujet de l’autiste que de personnes autistes.

A partir des années 90, en France comme dans les autres pays européens, les pouvoirs publics ont commencé à s’intéresser de près aux troubles autistiques et à leur prise en charge en raison des pressions des parents et de leurs associations, des contraintes économiques et de l’évolution des connaissances médicales.

Dans un mouvement plus général à la fois de réflexion sur la psychiatrie, de pertinence des classifications, de recherche, et de définitions de politiques de santé publique, les descriptions de Léo Kanner et de Hans Asperger ont été réévaluées et de nouveaux critères diagnostiques de l’autisme ont été proposés.

Ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est que malgré le consensus sur des critères diagnostiques précis, les troubles autistiques frappent par leur extrême diversité d’expression et d’évolution. Il est donc raisonnable de penser que de toute cette nébuleuse constituée par les troubles autistiques typiques et encore plus les troubles autistiques atypiques, classés maintenant dans les Troubles Envahissant du Développement (T.E.D.), que de toute cette complexité, émergera au fil de la recherche, des critères cliniques encore insoupçonnés, permettant dans le futur, une prise en charge de plus en plus adaptée et efficace pour la personne autiste.

En tout cas, c’est l’espoir qui m’habite et que je veux faire passer. Il ne faut pas oublier qu’historiquement la question de l’autisme a beaucoup divisé et qu’au milieu des conflits théoriques, du tout thérapeutique ou du tout éducatif, des querelles de référence à telle ou telle classification et peut-être d’autres enjeux qui m’échappent complètement, on a déjà trop perdu de temps, de collaboration et de partenariat et laissé se vivre trop de souffrance.

Il n’existe pas à l’heure actuelle de consensus sur les prises en charge les plus souhaitables faute de travaux permettant de les comparer. Mais néanmoins, ce que l’on sait c’est que l’accompagnement de la personne autiste doit être individualisé et mis en place en tenant compte des caractéristiques de l’enfant ou de l’adulte concerné, de celles de sa famille et des possibilités de prises en charge accessibles dans son environnement et ceci dans une réévaluation permanente.

Une triple action thérapeutique, éducative et pédagogique paraît la plus intéressante mais on note souvent qu’une approche limitée à une dimension éducative ou thérapeutique est utilisée.
Le premier modèle a de plus en plus la prévalence des parents.

La composante éducative très développée aux Etats-Unis grâce aux travaux d’Eric Schoppler dans les années soixante (Programme T.E.A.C.C.H. : Traitement and Education of Austistic et Related Communication Handicaped Children) n’a pas constitué la référence de base du dispositif français de prise en charge.

 

 


Historiquement en se référant aux travaux de Bruno Bettelheim, en France, on est resté longtemps sur l’idée que la cause de retrait et de repli de la personne autiste était dû au fait qu’elle ne « voulait pas » communiquer (c’était la question du désir qui était en cause). Maintenant, on a suffisamment d’hypothèses pour affirmer qu’elle « ne peut pas » communiquer. Donc avant on attendait qu’elle sorte de « sa bulle ». Ne s’adaptant pas à une pédagogie de la déficience, elle était considérait comme « un cas lourd » dans les institutions qui dérangeait tout et tout le monde. Aujourd’hui de cette attente, on dirait « non assistance » à personne en danger ou « maltraitance ».

La composante thérapeutique est restée unique au centre du dispositif français d’intervention ces 20 dernières années dans le secteur infanto-juvénile de psychiatrie. La thérapie institutionnelle a longtemps été le modèle central dans notre pays et ses principes ont été élaborés par Monsieur Misès et Hochmann.  La démarche est la suivante : les différents interlocuteurs de l’enfant autiste, nettement différenciés les uns des autres et articulés entre eux, constituent un ensemble formant un réseau d’histoire que petit à petit l’enfant peut s’approprier et donc ainsi sortir de son intérieur pour passer à la vie ensemble.

On n’aura pas de mal néanmoins à se rappeler que sur cette question de la personne autiste comme « sujet non désirant », les familles ont été mises à mal et en particulier les mères. Mère frigidaire, mère fusionnelle, mauvais parentage, père ne jouant son rôle de tiers entre la maman et l’enfant, tout a été dit et diffusé à ce sujet. La cause de l’autisme a longtemps été attribuée à un trouble affectif, maintenant cette cause est complètement réfutée tandis que l’étiologie de l’autisme n’a pas encore été mis en évidence nul part au monde. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’a pas de plus en plus d’hypothèses scientifiques mais elles restent à prouver et on s’avance de plus en plus vers une pluricausalité.

Des cohortes de parents ont ainsi été culpabilisées sur l’autisme de leur enfant et ce phénomène fait partie de notre histoire. Certains se demandent encore aujourd’hui, à coup de torture morale, à quoi ils doivent attribuer en eux l’explication de ce dont souffre leur enfant. Pourtant la culpabilité n’est pas un phénomène spontané, mais bien quelque chose de provoqué ou d’amplifié par ce que l’on renvoie aux parents lorsqu’on les rencontre.

Il est vrai que les familles des personnes autistes sont souvent très impliquées sur tous les plans de la prise en charge de leur enfant, mais cette implication ne doit s’associer à soupçon et accusation. En fait, sur le plan pratique, ces parents ont dû compter avant tout sur eux et ont eu à se débrouiller seuls très souvent pour trouver des solutions dans le cadre de la vie quotidienne comme pour rechercher la structure acceptant l’intégration de leur enfant.

Sur le plan affectif, ils ont dû gérer une solitude morale, l’incompréhension de leur environnement et même affronter des conflits avec les spécialistes. Sur le plan intellectuel, ils ont dû s’informer par eux-mêmes sur la nature des difficultés de leur enfant en allant parfois chercher très loin l’information. Tous ces éléments évidemment ont donné une connotation très particulière aux relations avec les professionnels.

L’autisme de l’enfant est une épreuve pour les parents, un drame dans leur vie, qui vient interpeller leur façon de concevoir l’existence, leur philosophie et leur manière de vivre. Quoi de plus normale que leur réaction devant cette injustice ? Pourquoi dans l’autisme faudrait-il à tout prix trouver des significations et des interprétations à ce qui reste encore aujourd’hui un domaine de recherche ? A nous professionnels de les aider à élaborer leur propre réflexion sans violer leur conscience afin de partager leur angoisse devant l’inconnu. Une relation égalitaire est favorable, en tout cas cela me paraît la meilleure règle du jeu et c’est aussi le souhait des familles d’enfant autiste.
Très tôt dans notre pays, des parents ont ressenti la nécessité de se regrouper en association. En fait, les problèmes de leur enfant leur semblaient différents de ceux des autres jeunes handicapés mentaux. Les associations ont aussi connu des schismes particulièrement au moment de l’avènement du programme Teacch en France. Avec du recul aujourd’hui, on peut regretter qu’un certain esprit de tolérance ait fait défaut, car l’union aurait été nécessaire pour réclamer depuis longtemps les moyens d’une vraie prise en charge des personnes autistes.

Néanmoins, de manière générale, les associations de parents ont réussi à se faire entendre des pouvoirs publics qui reconnaissent maintenant un besoin de prise en charge spécifique de la personne autiste ainsi que la nécessité de lancer une politique de rattrapage. Les associations ont fait bouger les choses en dénonçant un certain conservatisme des milieux médicaux et professionnels mais dans leur démarche aucune approche ne doit faire l’exclusivité car personne aujourd’hui ne détient la vérité sur l’autisme.

Depuis 95, de nombreux textes législatifs en France ont trait à la prise en charge thérapeutique, pédagogique et éducative et à l’insertion sociale des enfants, adolescents et adultes atteints d’un syndrome autistique. Dépistage précoce, centre de diagnostique, places supplémentaires dans les institutions, formation adaptée des professionnels, tout est passé en revue… Toutefois, malgré ces avancées, les programmes mis en ½uvre demeurent encore insuffisants pour répondre à l’ampleur des difficultés rencontrées par les enfants, les adultes autistes et leur famille.

Aujourd’hui la dernière circulaire du 8 mars 2005 se veut conforter durablement le pilotage et l’animation de la politique en faveur de la personne autiste et des T.E.D. Les textes vont dans le sens :

• d’une relance de la dynamique régionale,
• de la mise en place d’un dispositif de suivi au plan national,
• de la promotion de la mise en ½uvre de réponse adaptée,
• du développement et de diversification de l’offre d’éducation et d’accompagnement,
• de l’articulation entre la psychiatrie et le médico-social,
• de la promotion des centres de diagnostique,
• de la création de places,
• et de la formation des professionnels.

Je vais m’arrêter là par respect du temps apparti sur cette intervention d’ouverture. Je veux néanmoins souligner en conclusion que depuis tout le temps, beaucoup de difficultés liées à la prise en charge des personnes autistes viennent d’un encadrement insuffisant. Les solutions envisagées qui feraient l’impasse sur ce problème aboutiraient à des échecs et des rejets. Lorsque l’on parle d’autisme attention aux mots vides de sens en l’absence d’une définition réaliste des moyens de leur mise en ½uvre.

L’autisme est un handicap grave, créant un état de grande dépendance qu’aucun miracle ne gommera. Les parents sont les mieux placés pour nous le dire tous les jours, il faut l’entendre et faire alliance avec eux et se battre ensemble contre l’autisme.

C’est un « art du vivre ensemble » que l’on doit développer, en négociant des espaces de rencontres particuliers pour ces « handicapés de la relation ».

Merci de votre attention.

programme



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
MOT DES PRESIDENTS
 
Anne Viallèle: présidente APIPA51   
Bonjour à tous, 
Merci à Martine Charlier toujours fidèle et présente dès qu’il s’agit de manifestations concernant l’Autisme et le SA. J’aimerais revenir sur son analyse si juste et si réelle. J’ose espérer que grâce à vous tous ici présents, on pourra parler d’histoire ancienne et que l’avenir de l’autisme c’est pour aujourd’hui et demain. Si à ce jour on commence à parler un peu plus de l’autisme et des approches thérapeutiques faisant leurs preuves, et si on connaît mieux le Syndrome d’Asperger, cela laisse néanmoins encore beaucoup trop d’enfants et d’adultes sur la touche, sans diagnostic passant pour mal élevés et j’en passe. Nous tenons à vous remercier de votre présence si nombreuse, signe manifeste de l’intérêt d’une journée comme celle-ci.

xml:namespace prefix = o /> xml:namespace prefix = o /> xml:namespace prefix = o />

xml:namespace prefix = o />

xml:namespace prefix = o />

Nous remercions tous les professionnels qui se reconnaîtront, qui ont trouvé leur vocation en exerçant leur profession auprès des personnes autistes, sans doute « piqués par le microbe de l’autisme » comme dirait Théo Petters.

Merci aussi à toutes les personnes qui prennent part à la cause des personnes Asperger en leur laissant une chance de pouvoir évoluer en milieu scolaire ou dans le monde du travail ordinaire,ou de leur permettre de travailler en milieu protégé lorsqu’il n’y pas d’autre alternatives. Je tiens à souligner que les personnes Asperger ne sont pas des personnes psychotiques dangereuses comme hélas je l’ai trop souvent entendu dire, elles ont juste besoin qu’on les comprenne et qu’on les aide.

Nous remercions également toutes les personnes qui vont intervenir au cours de cette journée, tout particulièrement Chantal Tréhin, Sandrine Le Sourn Bissaoui, Fabien et Christian Charlot et encore Martine Charlier qui a aussi pour rôle d’être la coordinatrice de cette journée.

Merci à Mr le doyen de la FAC Mr Marcotte et Mme Simonnin pour le prêt de la salle, le personnel de Fac, les personnes bénévoles, les adhérents d’Autisme Marne et de l’APIPA51 qui ont contribué à l’organisation de ce colloque.

Merci aux étudiants qui ont eu la bienveillance de nous céder salle où a lieu leur quartier général suite aux évènements actuels. C’est aussi grâce à Mme le Sourn Bissaoui qui a su trouver les mots pour leur expliquer l’enjeu d’un tel colloque.

2 mots à propos de l’APIPA51, voir sur l’écran. Si nous avons tenu à créer cette association régionale CA, Aisne et environs c’est avant tout pour faire connaître le SA.

Je me réjouis de l’entente cordiale entre les différentes associations avec lesquelles nous sommes en relation (voir la plaquette que nous vous avons distribué), et surtout de l’étroite collaboration avec Autisme Marne dont le président est Mr Tripet et à qui je laisse la parole.

 

 

 

 

 

 

 

Jean Claude Tripet: président Autisme Marne

 

                         Mesdames,Mesdemoiselles,Messieurs, bonjour.

 

Autisme Marne est une association qui s’est créée en mars 1992, à l’initiative de parents, aidés par quelques professionnels, qui cherchaient une alternative à la prise en charge qui était proposée à leur enfant atteint d’autisme.

Les principaux objectifs d’Autisme Marne, sont l’aide aux personnes atteintes d’autisme et à leur famille, l’aide à la formation des professionnels à la prise en charge éducative des personnes atteintes d’autisme, et l’aide aux établissements accueillants des personnes atteintes d’autisme.

Mais, compte tenu des besoins au niveau départemental, Autisme Marne s’est donnée la mission d’ouvrir, en collaboration avec l’association des Papillons Blancs de la 

xml:namespace prefix = st1 />

xml:namespace prefix = st1 />

xml:namespace prefix = st1 />Région de Reims, un établissement pour adultes autistes.

L’élaboration de ce projet est quasiment arrivée à son terme et celui-ci sera déposé à la DDASS et au Conseil Général de la Marne en septembre prochain pour passage en CROSMS début 2007. Il sera ouvert, à l’horizon 2008/2009, sur un terrain de 10400 m2 sur la commune de Tinqueux. Je tiens à remercier M. FORTUNE, maire de Tinqueux, pour l’intérêt qu’il a porté d’emblée à notre projet. Cet établissement, bien desservi par un réseau de transports en commun, disposera à proximité immédiate d’un ensemble de sites commerciaux proposant tout un panel d’activités extérieures.

Il s’agit d’un foyer d’accueil médicalisé de 31 places se décomposant comme suit : 20 places pour un internat permanent ouvert toute l’année, 5 places  pour une section d’adultes autistes atteints du syndrome d’Asperger,  5 places pour un accueil de jour et 1 place d’accueil temporaire ou d’urgence. Agés de 20 ans minimum, tous les résidents devront obligatoirement avoir un diagnostic d’autisme.

Sur le site, 4 unités de vie de 5 résidants chacune (jumelées par 2) et un pavillon de 5 logements de type studio et F1 pour les adultes autistes atteints du syndrome d’Asperger seront à la disposition des résidents.

Un lieu d’activités de jour diverses complètera le site :

-         activités et atelier ou temps de vie partagé : cuisine, peinture, musique

-         activités sensorielles : espace snoezelen, balnéothérapie

-         activités manuelles et d’apprentissage : jardinage, bricolage, informatique

-         enfin ateliers polyvalents : salon de coiffure, artisanat, pseudo magasin

Le reste de la surface sera occupé par des locaux administratifs et techniques mais surtout par des espaces verts propices à la pratique d’activités de plein air comme par exemple un parcours de santé adapté ou une basse-cour.

La prise en charge adaptée, spécifique et individualisée qui sera dispensée aux résidents sera la continuité de celle de la section pour enfants et adolescents de l’IME de la Cerisaie de Reims. Elle sera assurée par du personnel impérativement formé à ce type de handicap.

Pour les autistes atteints du syndrome d’Asperger, une prise en charge particulière nommée le job coaching sera dispensée à certains dans le milieu ordinaire du travail sinon ils seront pris en charge en milieu protégé.

Les prises en charge prévues dans cette structure seront abordées au cours de cette journée par Chantal Tréhin.

Cet établissement n’aura qu’un seul objectif mais il sera impératif : offrir un lieu de vie répondant aux attentes et aux besoins des résidents.

Je voudrais remercier l’association des Papillons Blancs de la Région de Reims qui assurera la gestion de cet établissement et qui a toujours mis tous les moyens en sa possession pour que ce projet aboutisse.

Je tiens à remercier tout particulièrement les professionnels de l’association des Papillons Blancs de la Région de Reims ainsi que Mme Martine CHARLIER qui ont oeuvré avec compétence, professionnalisme et dévouement pour élaborer le projet. Sans eux rien n’aurait été possible.

Je conclurais en lançant un appel. Il y a bon nombre de parents dans la salle et je souhaiterais m’adresser à eux. Je tiens à leur faire savoir, comme je l’ai dit au début de mon propos, qu’Autisme Marne, ainsi que l’APIPA 51, sont des associations de parents. A ce titre nous sommes là pour vous aider, vous conseiller et vous soutenir. L’isolement est malheureusement bien souvent le lot quotidien de beaucoup de parents de personnes autistes. Nous sommes nous aussi passés par cette situation. Si c’est le cas pour vous, n’hésitez pas : contactez nous. Autisme Marne et l’APIPA 51 seront toujours à votre écoute.

Je vous remercie pour votre attention.

programme



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AUTISME ET TROUBLES ENVAHISSANT DU DEVELOPPEMENT

Chantal Tréhin

Neuropsychologue -Formatrice

Nous devons donc supposer que ces enfants sont venus au monde avec une incapacité innée à établir avec les personnes les liens affectifs habituels, de même que d'autres enfants viennent au monde avec des handicaps physiques ou intellectuels innés

Leo Kanner 1943

Nous avons souvent répété que la « psychopathie autistique » (l'autisme) se retrouve dans différents niveaux de compétences (...) du 'génie' extrêmement original (...) jusqu'à la personne présentant les plus graves troubles du contact associé à  un retard mental

Hans Asperger 1944

RECOMMANDATIONS POUR LE DIAGNOSTIC DE L’AUTISME

xml:namespace prefix = o />

xml:namespace prefix = o />

xml:namespace prefix = o />

 

Fédération Française de Psychiatrie sous l’égide de la Haute Autorité de Santé

Juin/octobre2005

www.has-sante.fr

 

 publication psychiatrie-psychologie

 

 


 


Les catégories des TED en référence à la CIM 10

 

5 sous-groupes 

 

- Autisme infantile : début avant 3 ans, perturbation de la communication, de la socialisation et intérêts restreints.30% des enfants régressent entre 18 et 24 mois (surtout langage et sociabilité)

- syndrome d’Asperger : proche de l’autisme sauf pas de retard de langage et des cognitions.

- syndrome de Rett : exclusivement les filles, régression entre 6 et 18 mois, stéréotypie des mains lié fortement à une mutation du chromosome x (gène MECP2)

Retard mental sévère

- Trouble désintégratif de l’enfance : régression cliniquement significative (langage, socialisation…) avant 10 ans. Développement normal jusque 2 à 3 ans.

Retard sévère

- autisme atypique : par la symptomatologie ou par l’âge de début.

Extrait des Recommandations pour le Diagnostic de l’Autisme (rapport) de la Fédération Française de Psychiatrie sous l’égide de la Haute Autorité de Santé

xml:namespace prefix = o />

xml:namespace prefix = o />

xml:namespace prefix = o />

Octobre 2005

 

 

Troubles Envahissants du Développement (TED)

 

•Autisme

• Syndrome de Rett

• Trouble désintégratif de l’enfance : cela peut être lié à une pathologie telle que une encéphalite et développe des signes d’autisme

• Syndrome d’Asperger : le petit dernier qui est apparu dans la classification. Les signes sont perçus avant 3 ans.

• TED non-spécifié (Autisme atypique)

 

 

 

On constate 8% des personnes autistes avec des « dons » ;

L’évolution de l’autisme est différente d’une personne à l’autre.

 

On constate cependant avant 3 ans :

 

Retard ou anomalies dans au moins un de ces trois domaines :

 

1. Interactions sociales

2. Langage dans la communication sociale

3. Jeu symbolique (imagination)

 

Les trois critères

 

• Altération qualitative des interactions sociales

 

• Altération qualitative de la communication

 

•Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités.

 

 

I -Altération qualitative des interactions sociales

 

a) Comportements non verbaux pour réguler les interactions, (contact oculaire, mimique, postures, gestes

 

b) Relations avec les pairs de même niveau du développement

 

c) Partager ses plaisirs, ses intérêts ou ses réussites avec d'autres personnes (montrer, à désigner du doigt ou à apporter des objets)

 

d) Réciprocité sociale ou émotionnelle

 

 

II -Altération qualitative de la communication

 

a) retard ou absence totale de langage parlé (sans tentative de compensation)

 

b) Incapacité marquée à engager ou à soutenir

une conversation avec autrui

 

c) usage stéréotypé et répétitif du langage, ou langage idiosyncrasique

 

d) absence d'un jeu de faire semblant varié et spontané, ou d'un jeu d'imitation sociale

 

III -Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des

activités

 

a) centres d'intérêt stéréotypés et restreints, d’intensité ou d’orientation anormales

 

b) habitudes ou rituels spécifiques et non fonctionnels

 

c) maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs

 

d) préoccupations persistantes pour certaines parties des objets

 

 

3 niveaux de "lecture" de l'autisme

 

Biologique :                                                                                                                             = environnement

                                                                                                                                            

génétique, problèmes neuro-développementaux dysfonctionnements de systèmes…

 

Cognitif et Psychologique .  traitement de l’information, émotion, vécu                   =   environnement

 

traitement de l'information, style cognitif, émotions, vécu…

 

Comportemental                                                                                                     = environnement

communication, interactions sociales, gestes, comportements spécifiques etc.

 

Autres anomalies

 

• Troubles de l’imitation

• Particularités sensorielles (hypersensibilité…)

 

 

Pathologies génétiques ou accidentelles

 

•X Fragile

•Phénylcétonurie

•Syndrome de Cornélia de Lange

•Sclérose tubéreuse (Bourneville)

•Neurofibromatose

•Syndrome de Prader-Willi

•Syndrome d'Angelman

•Syndrome de Williams

•Trisomie 21

•Rubéole prénatale

•Anoxie

•Encéphalite herpétique

•Thalidomide

•Syndrome de West

•Syndrome de Lennox

 

Syndromes cliniques

 

Autisme                

Trouble désintégratif                  

*Syndrome d'Asperger (voir paragraphe)

Autisme  atypique

Déficience intellectuelle

Epilepsie

Autres troubles neurologiques

 

Taux de prévalence des Troubles Envahissants du Développement

 

Autisme 9 sur 10 000*

Asperger 3 sur 10 000

Autres TED 15,3 sur 10 000

Ensemble des TED 27,3 sur 10 000

* dont 75% avec déficience intellectuelle

 

EXPERTISE COLLECTIVE INSERM DÉCEMBRE 2002

 

 

Extrait des Recommandations pour le Diagnostic de l’Autisme (rapport) de la Fédération Française de Psychiatrie sous l’égide de la Haute Autorité de Santé Octobre 2005

• Les prévalences actuellement estimées sont de 1,7/1 000 à 4/1 000 pour l’autisme

infantile et de 3/1000 à 7/1 000 pour l’ensemble des troubles envahissants du développement, soit environ 10 fois plus que les estimations antérieures

 

 

Critères du syndrome d’Asperger

 

Les personnes atteintes n’ont pas de retard de langage, une altération qualitative et un caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités.

Les personnes Asperger n’ont leur place nulle part d’où un retentissement sur le famille et la personne elle-même.

Attention on ne mesure pas les capacités au quotient intellectuel.

Il n’est pas rare de constater dans une famille, une personne Asperger et une autre surdouée.

 

TOUS LES ASPERGER NE SONT PAS DES GENIES ET TOUS LES GENIES NE SONT PAS ASPERGER ;

 

 

 

 

DEPISTAGE

 

LE C.H.A.T. CHild hood Autism in Toddlers  Autisme infantile chez les très jeunes enfants

 

Items clés

• Jeu de faire semblant

• Pointer proto-déclaratif

• Contrôle du regard

 

Autres items importants

• Attention conjointe

• Intérêt pour les autres enfants

• Jeux de nourrice

 

 

 

L'autisme est un Trouble Envahissant du Développement dans lequel le développement

est souvent freiné par une déficience intellectuelle

 

Dans tous les cas ce développement est atypique dont les principales conséquences sont :

 

1. Des compétences sociales inadaptées

 

o Théorie de l'esprit

o Compréhension des indices sociaux

o Compréhension des règles sociales

o Motivation sociale

 

Les 2 niveaux de théorie de l'esprit

 

1er niveau : âge moyen d'acquisition 4 ans, 4ans 1/2

 

Permet de comprendre que soi-même et les autres ont des représentations, que nous pensons et qu'ils pensent

 

en particulier prendre en compte ce que l'autre sait, espère, croit même s'il s'agit d'une "fausse croyance "

 

2ème niveau : âge moyen d'acquisition 7-8 ans

 

Permet de comprendre que l'autre a une représentation des représentations des autres, qu'il pense que les autres pensent par exemple prendre en compte ce que l'interlocuteur pense que nous pensons, ce qu'il attend de nous, les idées qu'il se fait sur notre désir, nos intentions, le sens caché de ce que nous disons etc.

 

 

Expérience de Sally et Anne

 

Sally a un panier Anne a une boîte

Sally a une bille elle la met dans son panier

Sally sort se promener

Anne sort la bille du panier et la met dans sa boîte

Sally revient, elle veut jouer avec sa bille

Où va-t-elle aller la chercher ?

 

 

Les précurseurs de la théorie de l’esprit

 

• Détection de la direction du regard et détection de l’intention de l’autre

• Attention conjointe, partage d’intérêts

• Pointage pro déclaratif

 

2. Des troubles de la communication

 

o Compréhension du langage

o Intention de communication

o Communication non-verbale

 

3. Des difficultés symboliques

 

o Imagination

o Représentation

o Abstraction

o Généralisation

 

Compréhension concrète Comprendre……ni plus ni moins que ce qui est dit !

 

Un parent éloigné

Rester cloué au lit

Ca ne se fait pas

Une idée derrière la tête

Remettre les gens à leur place

Tu me fais marcher

Laisse tomber

Je suis à plat

Essuie tes pieds avant d'entrer

Etre aux anges

Tu as les yeux de ton père

Tu donnes ta langue au chat?

J'ai l'estomac dans les talons

Garde tes yeux sur la balle

Tu vas mourir de rire

A quatre pattes

Tu me casses les pieds

 

7 façons de dire "Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent" (Tony Atwood)

 

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent

 

Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent (mais quelqu'un l'a dit)

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent (je n'ai pas dit ça)

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent (mais je l'ai laissé entendre)

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent (mais quelqu'un l'a volé)

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent (mais elle y a touché)

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent (elle a volé l'argent de quelqu'un d'autre)

• Je n'ai pas dit qu'elle a volé mon argent (elle m'a volé autre chose)

 

 

 

 

4. Des difficultés séquentielles

 

o Temps

o Organisation/planification

 

 

5. Des difficultés attentionnelles

 

o Focalisation de l'attention

o Adhérence (ou problèmes de shifting)

 

6. Des difficultés sensorielles

 

7. Des intérêts inhabituels parfois obsessionnels

 

 

Démarche en trois temps

 

Connaître l’autisme

<